L’Orpheline et la Chouette Blanche de Noël

Il était une fois un royaume extrêmement pauvre. Le roi n’avait plus d’argent, les artisans n’avaient plus de carrosses, les boulangers n’avaient plus de pain, et la plus pauvre de tous c’était une petite orpheline qui habitait avec son grand-père malade.

Les hivers dans ce royaume étaient toujours très durs. C’est pourquoi, trois jours avant Noël, la petite orpheline avait beaucoup de difficultés à se procurer du bois pour un feu.

Elle se fraya un chemin dans la neige pour aller chez le boulanger.

« Cher boulanger, vous n’auriez pas du bois pour moi ? Il me faut un feu pour tenir chaud à mon grand-père malade. »

« Désolé, dit le boulanger, je n’ai pas de bois à te donner. Je n’ai même pas de farine pour faire du pain. »

La neige commença à tomber mais la petite orpheline ne perdait pas l’espoir et se rendit chez le boucher.

« Cher boucher, vous n’auriez pas du bois pour moi ? Il m’en faut pour réchauffer la maison et soigner mon grand-père malade. »

« Petite orpheline, dit le boucher, je n’ai pas de bois à te donner. Je n’ai même plus de couteaux pour couper la viande. »

Or, la petite fille ne voulait pas abandonner sa quête. La neige avait formé un chapeau blanc sur sa tête quand elle arriva devant la taverne.

« Cher aubergiste, vous n’auriez pas quelque chose que je puisse utiliser pour faire un feu ? Il fait de plus en plus froid, et mon grand-père est malade. »

« J’aimerais bien t’aider, petite, répondit l’aubergiste, mais je n’ai pas de bois, je n’ai même plus de vin à servir à mes clients. »

Donc la petite orpheline rentra les mains vides. Néanmoins, quand elle fut presque

arrivée chez elle, ses vêtements trempés de neige, elle entendit une voix.

« Pourquoi pleures-tu, petite orpheline ? »

« Qui es-tu ? », demanda la petite fille. Puis elle découvrit une chouette blanche sur une branche d’un sapin enneigé.

« Je suis la Chouette Blanche de Noël, répondit l’animal, alors dis-moi, pourquoi es-tu triste ? »

« Il ne reste que trois jours jusqu’au Noël et je n’ai pas trouvé de bois pour tenir au chaud mon grand-père. »

La Chouette Blanche bougea sa tête et sourit.

« Tes efforts devront être récompensés. Pour les trois jours restant avant Noël je veux te donner trois vœux, un par jour. »

La petite fille rentra toute joyeuse. Elle attendit minuit pour son premier vœu. Mais quand elle était sur le point de demander du bois, le boulanger croisa ses pensées, et elle dit : « Chouette Blanche, je voudrais plein de farine pour le boulanger. »

Et ainsi il advint.

Deux jours avant Noël, encore à minuit, elle voulait demander du bois quand elle pensa au boucher. Et elle dit : « Chouette Blanche, je voudrais beaucoup de couteaux neufs pour le boucher. »

Et ce vœu aussi se réalisa.

Finalement, le jour avant Noël, elle utilisa son dernier vœu pour demander du vin pour l’aubergiste.

Le soir de Noël, la petite orpheline couvrit son grand-père malade avec sa propre couverture quand la chouette revint.

« Petite orpheline, pourquoi n’as-tu pas de feu pour tenir chaud à ton grand-père ? Je ne t’ai pas donné trois vœux ? »

« Si, dit la petite fille, mais les autres en avaient plus besoin que moi. »

La Chouette Blanche de Noël sourit et dit : « Tu n’avais rien mais tu n’as pas fermé les yeux sur la souffrance des autres. Tu as aidé le boulanger, tu mangeras donc du pain frais et chaud tous les jours à partir d’aujourd’hui. »

« Tu as redonné l’espoir au boucher, donc il te ne manquera jamais de viande. »

« Et maintenant, rends-toi chez l’aubergiste où t’attend un gros repas pour ton grand-père et toi. Tu y seras la bienvenue à tout jamais. »

« Et enfin, petite orpheline, tes vœux vont aider ton royaume à redevenir riche et florissant. Joyeux Noël ! »